Intervention de LFI 21 à la manifestation du 21 septembre


Nous retranscrivons ici l’intervention de Jacques Bonnet, militant pour LFI 21, qui s’est exprimée lors de la manifestation du 21 septembre 2027 à Dijon pour la destitution d’Emmanuel Macron.

Tout d’abord merci aux organisations de jeunesse pour cet appel à la mobilisation. Merci à toutes les organisations qui contribuent à la tenue de ces nouveaux rassemblements partout dans le pays.

La France connaît depuis quelques semaines une situation tout à fait inédite.

Deux conclusions principales ont émergées des élections européennes puis législatives. D’une part, il est clair que les Français rejettent Macron et sa politique. D’autre part, ils refusent le Rassemblement national, et se sont mobilisés pour empêcher son accès au pouvoir. Ce qui a été exprimé, c’est : « Ni Macron, ni Le Pen ».

Malgré ce message clair, Macron a choisi d’ignorer le verdict des urnes en nommant Barnier Premier ministre adoubé par le Rassemblement National ! La collusion complice entre la macronie et l’extrême droite s’est manifestée clairement dans cette nomination.

Cette décision est contraire aux principes républicains. Ce veto du suffrage universel est un déni de démocratie. Nous ne l’acceptons pas !

Et aujourd’hui nous marchons pour notre dignité, pour la dignité de tout un peuple qui refuse de se voir voler le résultat des élections. Nous marchons un 21 septembre, date qui fait écho au 21 septembre 1792, où il avait été réaffirmé à la Convention Nationale que la royauté était abolie et qu’il n’y avait plus de monarque au-dessus de la souveraineté du peuple !

Cette situation suscite la stupeur à travers le monde. Des articles de la presse internationale soulignent l’effarement et l’incrédulité des observateurs devant ce qui se passe en France.

Un Premier ministre compatible avec Macron et Le Pen, issu d’un parti, les Républicains, qui a pourtant subi la plus lourde défaite électorale, se prépare à mettre en œuvre la poursuite de la politique de Bruno Lemaire voulue par Macron.

C’est la politique des cadeaux fiscaux aux riches et aux multinationales. Eric Coquerel, président de la commission des finances à l’AN, l’estime à plus de 200 milliards par an. Cette politique menée depuis 7 ans a conduit à ce que la fortune des 500 plus riches de ce pays représente aujourd’hui l’équivalent de 45 % du PIB alors qu’elle n’en représentait que 20 % en 2017 à l’arrivée au pouvoir de Macron.

C’est cette politique de largesse avec le MEDEF et avec les plus riches qui a creusé le déficit public à un niveau historique, qu’ils veulent aujourd’hui poursuivre et nous faire payer en coupant dans les dépenses avec toujours moins de services publics, moins d’école, moins d’hôpitaux ! Mais en augmentant les budgets de l’Armée et de l’Intérieur.

Exemples :

il est prévu de fermer non pas 2000 classes mais 2000 écoles, selon un rapport communiqué au gouvernement au printemps mais rendu public le 12 septembre.

— le SNU, qui serait généralisé à la rentrée 2026, aura, selon la cour des comptes, un coût de 10 milliards d’euros

— et toujours ministre des Armées, Sébastien Lecornu refuse de mettre fin, comme nous l’exigeons, à la livraison à Israël d’armes utilisées pour assassiner la population palestinienne.

— Bruno Retailleau, à l’Intérieur, partisan de la retraite à 70 ans et de la semaine de 40 heures, militant acharné de la Manif pour tous et Anti IVG, s’est illustré en questionnant « les origines ethniques » des jeunes Français.

Le gouvernement annoncé, laborieusement élaboré sous la surveillance du RN et après une menace de démission du premier ministre, est un concentré de politique réactionnaire.

Cependant, malgré tous leurs efforts, ils ne sont pas parvenus à débaucher la moindre personnalité du Nouveau Front Populaire !

En ignorant la volonté populaire, Macron tente le passage en force de trop. La société en est maintenant de plus en plus convaincue : il doit partir !

En réponse, la France Insoumise a lancé une procédure de destitution sur la base de l’article 68 de la Constitution. Approuvée par le Bureau de l’Assemblée nationale, c’est un évènement inédit dans la V° République ! À la majorité, les membres du bureau ont considéré que le débat devait, maintenant, avoir lieu devant l’ensemble du peuple français.

Cette première étape franchie, grâce à une majorité obtenue par le NFP au bureau de l’AN témoigne de l’ampleur de la crise politique actuelle. La macronie par la voix de Gabriel Attal a d’ailleurs immédiatement réagi et s’est dit scandalisée par ce vote sans précédent, évoquant mardi « une déclaration de guerre à nos institutions ».

Oui en réclamant la destitution de Macron nous pointons du doigt le caractère autoritaire et réactionnaire de cette Constitution de la V° République, usée jusqu’à la corde et qui lui permet tous les excès.

Nous l’avons dit nettement le 7 juillet :

– un gouvernement du RN c’est non !

– la poursuite de la politique de Macron c’est non !

En nommant Michel Barnier premier ministre le Chef de l’État fait exactement l’inverse de ce que veut la majorité, le verrou antidémocratique c’est lui : il doit partir !

Ne nous y trompons pas : l’équilibre, dont Barnier est la clef de voûte, est fragile.

Alors oui, mobilisation, censure, destitution !

Nous devons renforcer la mobilisation : sur le terrain par nos manifestations et par l’action de nos parlementaires. Ne lâchons rien ! Ils ont peur lorsque nous sommes unis.

La pétition macron destitution est forte de 330 000 signatures. Je vous invite à la signer et à la faire signer partout autour de vous.

marcon-destitution.fr

Je vous remercie.